ENTRETIEN AVEC PATRICK GOHET,
DIRECTEUR GÉNÉRAL DE L’UNAPEI

“UNE SOCIÉTÉ SOUCIEUSE DE DIGNITÉ”

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Depuis la rentrée, Patrick Gohet suit avec attention l’action gouvernementale en direction des personnes handicapées mentales.
Le Directeur Général de l’UNAPEI accueille avec satisfaction les
nouvelles mesures mais estime qu’elles sont encore insuffisantes au regard des besoins recensés et des retards cumulés.
Il fait le point sur la situation et adresse un message d’espoir aux familles des Côtes-d’Armor.
 
   

 ADAPEI 22 : Lors du Congrès de Reims en juin dernier, l’UNAPEI a réclamé
l’octroi de moyens supplémentaires pour l’éducation spéciale et le développement
de la politique de scolarisation des enfants et adolescents handicapés mentaux. Où en est-on aujourd’hui ?
 

Patrick GOHET : “Nous attendons toujours que l’Education nationale mette en place un programme pluriannuel de création de postes d’instituteurs spécialisés nécessaires aux établissements scolaires ordinaires et aux établissements spécialisés. On les estime aujourd’hui entre 250 et 300 en France. L’UNAPEI pense que ce manque peut être comblé en trois ans. Deuxièmement, nous attendons de l’Education nationale qu’elle soutienne davantage les classes spécialisées et qu’elle adapte les classes d’intégration scolaire (CLIS) ainsi que les classes spéciales intégrées dans l’école ordinaire.”

Et en ce qui concerne le secteur adulte ?

“Le ministère des Affaires sociales a décidé, sur la base du programme pluriannuel, de créer 9000 places en Centres d’Aide par le Travail (CAT) et 5000 places en Maisons d’Accueil Spécialisé (MAS) et en Foyers à Double Tarification (FDT). Ce qui représente la moitié des besoins. L’UNAPEI en réclame l’élargissement. Elle fait le forcing pour obtenir davantage de places. Aujourd’hui, les négociations se poursuivent avec Martine Aubry, Ministre de l’Emploi et de la Solidarité, et Dominique Gillot, Secrétaire d’Etat à la Santé et à l’Action Sociale.”

Que pensez-vous de la situation de la personne handicapée vieillissante et âgée qui
préoccupe aujourd’hui, l’ensemble du mouvement ?

“Je comprends l’angoisse vécue par les familles face au vieillissement de leurs enfants qui manquent de solutions d’accueil appropriées, mais il faut bien doter ces personnes d’un statut. Or, ce statut n’existe pas. Aujourd’hui, on découvre le problème et ses réalités. Il devient urgent de tout mettre à plat et adapter le statut de la personne handicapée après 60 ans. Il reste donc à inventer la structure adaptée à cette population, c’est-à-dire éviter le déracinement et l’isolement, maintenir l’accompagnement en y ajoutant les difficultés supplémentaires liées à l’âge. Des réflexions sont actuellement en
cours. En concertation avec les pouvoirs publics, l’UNAPEI travaille à la construction de réponses.”

Des solutions possibles pour l’an 2000 ?

Les problèmes ne vont pas se règler du jour au lendemain. Il faudra du temps pour satisfaire notre demande. Soyons réalistes sur la situation générale de la société. Le contexte économique et social est difficile. Les moyens dont dispose l’Etat ne sont pas extensibles. Ce qui est sûr, c’est que nous pouvons compter sur l’appui de l’opinion.
Nous pouvons nous montrer optimistes sur la cause du handicap que la majorité de nos concitoyens estime juste. Il y a une prise de conscience accrue.
D’autre part, en faisant le tour des URAPEI pour écouter les attentes et les préoccupations de chaque association, j’ai constaté qu’une action commune était engagée. Il y a une volonté manifeste de construire dans le sillage de l’UNAPEI. Et c’est de cette solidarité collective dont nous avons besoin pour construire une société ouverte à tous, une société soucieuse de dignité.

Recueilli par
Loïc TACHON.

 
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