| |
Ces
premières paroles sont toute la fierté des encadrants
dont le souci quotidien est de " donner du plaisir aux ouvriers
pour qu'ils s'épanouissent. " Tel a toujours été
le credo de Joël Pontdemé, entré dans la maison
Pifaudais un jour de septembre 1979, en remplacement de Guy Nicolas,
promu chef de service technique. " C'est un monde que je
ne connaissais pas du tout, raconte ce menuisier-ébéniste
de formation. Les six premiers mois ont été difficiles
car il y avait des cas très lourds à gérer.
Plusieurs fois, je me suis posé la question : je pars ou
je reste ? Pour moi, on occupait les ouvriers pour éviter
les problèmes de comportement... J'ai essayé de mieux
les cerner, de savoir ce dont ils étaient capables. "
Le responsable d'atelier leur fait alors découvrir l'agencement
et les travaux de bâtiment. Parmi les premiers chantiers :
la fabrication de tables pour la salle des fêtes de Quévert
ou bien encore l'aménagement des bureaux administratifs de
l'aquarium de Saint-Malo.
Au fil du temps, l'atelier menuiserie se développe.
Le CAT investit dans de nouveaux équipements. Et le premier
gros contrat ne tarde pas à venir. Il est signé dans
les années 80 avec les ateliers des Frères Flin de
Languenan. Le deuxième construction d'escaliers français
confie l'usinage de ces matériaux aux Pifaudais (rabotage,
sciage, coupe, collage, séchage et transport).
" Il a fallu adapter les postes en fonction
des capacités de chacun. Cela n'a pas été simple
mais aujourd'hui, chacun a trouvé sa place. Si des personnes
ont des lacunes sur certains postes, elles se montrent à
la hauteur sur d'autres. Il faut éviter de laisser quelqu'un
dans une situation d'échec ! ", explique Joël Pontdemé
qui s'est toujours battu pour le bien-être des ouvriers. "
Quand on les voit réussir dans leur travail,
cela fait chaud au cur. On se dit qu'on peut être fier
du résultat. " Au fil des années, les ouvriers
ont acquis un savoir-faire, " une technicité dans
le travail. Même s'il y a comme partout des jours avec et
des jours sans, les gars sont attentifs aux consignes. Le casque,
les boules Quiès, les chaussures de sécurité,
ici, les règles de travail sont respectées à
la lettre. "
Une discipline, une conscience professionnelle et autant de valeurs
humaines qui renforcent le sentiment de Joël Pontdemé
résolument tourné vers l'avenir. " Il faut
aller de l'avant, continuer à investir et imaginer de nouveaux
marchés pour le bien-être des personnes handicapées.
"
|
|