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  Une journée en MAS

 

7 heures ! Le jour se lève, comme les volets de la maison d'accueil.
Dur, très dur parfois de se lever !
Si les uns attendent l'encadrant, d'autres se lèvent de bon pied, ou profitent encore quelques minutes de la tièdeur du lit. C'est dans une ambiance tamisée, parfois musicale et avec les odeurs de la nuit que le résidant profite d'un bain parfumé ou d'une douche tonifiante.

Avec les encouragements et l'aide de l'encadrant, ils essaieront de participer souvent peu ou pas à leurs toilettes et accepteront les différents soins préventifs ou médicaux préconisés par le médecin ou les infirmières.
Attention, vigilance et observation sont autant d'atouts mis en œuvre par les équipes pour que la journée démarre bien, dans une organisation efficace pour respecter le temps sans bousculade. Sollicitations et stimulations sont de mise pour l'habillage : il faut savoir être chaleureux et rigoureux. Cela demande un effort d'essayer de s'habiller seul : être debout, assis, lever un bras, une jambe…L'encouragement et les félicitations de l'encadrant sont valorisants. Maintenir les acquis ou progresser font partie de la mission. Le temps de la toilette est un temps individuel nécessaire, et pris en compte autant que possible.
Mais les estomacs se creusent…
Il est 9 heures. Pas de temps à perdre.
Café, lait, chocolat ou thé vont être bien appréciés autant que les tartines beurrées, les jus de fruits ou compote de pruneaux (pour les transits). Chacun a droit à son régime particulier, les uns se débrouillent, les autres sont alimentés, une tartine entière, une tartine coupée ou mixée…mais pour chacun, la régalade sous la vigilance des encadrants. Vigilance nécessaire devant le risque majeur de fausses routes et d'infections pulmonaires liées aux " minis fausses routes ". Les cuisiniers participent à cette prise en charge par le respect des besoins pour chacun, besoins ordonnés par le médecin et précisés par la diététicienne. Sur 20 résidants d'un service, 16 présentent une particularité de menus dans le contenu ou la texture.
L'infirmière est passée distribuer les médicaments alors que se nettoient les tables, le sol sans rien laisser traîner pour les gourmands qui pourraient se mettre en danger en mangeant les restes ou les miettes. Les résidants sont là, autour qui regardent, aident un peu mais pas tous. Quand ils peuvent aider, ils apprécient. Pour la réfection des lits, c'est pareil…beaucoup préfèrent regarder, c'est plus facile. Mais ils sont là pendant que l'on range leurs chambres en leur parlant de ce qui les entoure. Le maintien de l'éveil passe aussi par là.
Vient ensuite les temps des activités rééducatives, ludiques, d'éveil ou de soutien. Encadrants, kiné, psychomotricien, psychologue, animateur, chacun y prend sa place. Activités internes, activités externes, elles se déroulent selon une planification hebdomadaire, ou mensuelle en fonction de l'activité. Elles sont aussi exceptionnelles ou spontanées selon le calendrier ou les opportunités que propose l'environnement. Elle oblige parfois à une préparation longue : fête de l'été, Halloween, Noël.
   
La piscine et l'équitation engagent des partenaires extérieurs. Pique-niques, sorties au restaurant ou en crêperie, ballades s'inscrivent aussi dans le calendrier sur des rythmes différents. Repas préparés par les encadrants, achats divers, vêtements, … Pour chacun à un moment, se présente l'occasion d'une participation à la préparation, à sentir les odeurs qui se dégagent, à profiter de l'ambiance de l'atelier, à être simplement présent et à regarder ce qui se passe et qui n'est pas l'habitude, à accompagner au jardin pour ramener les légumes du repas.
L'activité, c'est aussi accepter le choix d'un résidant d'écouter de la musique dans sa chambre, son besoin d'une sieste, de regarder la télévision, de ne rien faire ou circuler sur les autres groupes. La vie dans la maison d'accueil, c'est aussi accompagner l'encadrant dans ses déplacements dans la maison d'accueil, ou rester à ses côtés quand il écrit, profiter d'une coupe dans le salon de coiffure près des bureaux ou de soins esthétiques, un peu plus loin. La feuille de semaine traduit de cette organisation.
   

L'heure du repas

L'installation à table est facilitée grâce à l'ingéniosité des techniciens qualifiés qui sans les avoir breveté, ont su trouver le système adapté pour le confort et la sécurité de chacun. Le déroulement de l'après-midi s'appuie sur le principe d'organisation des activités, avant que le soir n'impose les premières toilettes, la préparation des vêtements du lendemain et le dîner. Généralement " couche-tôts " de par leur fatigabilité importante, certains résidants traînent un peu profitant du silence, enfin, de l'espace à moins que ce ne soit l'inquiétude du silence de la nuit. L'arrivée des veilleurs les apaise et ils vont se coucher. Chaque heure, un passage du surveillant de nuit veillera à la qualité de leur sommeil, et répondra à leurs besoins (change, mobilisation...). Surveillance complétée parfois de consignes des infirmières dont la technicité les place dans une compétence incontournable pour la prise en charge des résidants, en plus de l'attention des encadrants accordée à celle-ci.

Le quotidien avec les personnes handicapées s'égrène aussi des rencontres avec les familles, basées sur une relation de confiance et du partage du quotidien de la personne accueillie, chacun dans un souci de bien-être et de confort.
Chaque jour n'est pas idyllique et certains se présentent avec leurs flots de difficultés avec les résidants ou liées à l'organisation : engagement, adaptation, solidarité, patience sont les maîtres mots.
 

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