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" L'aventure a commencé le 6 janvier 1969 avec
l'ouverture d'un Institut Médico-Pédagogique sur le quartier Saint-Bugan.
Deux classes avaient été louées à la paroisse. Dès le premier
jour, 36 enfants ont frappé à la porte de l'IMP ! Il faut dire
qu'à l'époque, les demandes étaient importantes. Une centaine
d'enfants handicapés mentaux avaient été recensés sur le bassin
de Loudéac, de Merdrignac jusqu'à Mûr-de-Bretagne ". Ainsi,
Jean Prioux, président-fondateur des Papillons Blancs
de Loudéac, parle des débuts héroïques de la section locale,
" du temps où toutes les familles étaient mobilisées, où les parents
avançaient main dans la main " pour faire mûrir leur projet.
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Depuis, les Papillons Blancs de Loudéac
n'ont cessé d'évoluer avec la création d'un CAT (1975) puis
d'un Atelier Protégé (1987) et du SATRA (1988).En quelques
années, l'Association a dû adapter son accueil en fonction
de l'âge de ses enfants. " Quand ils ont eu 20 ans, il
a fallu créer à leur intention les premières structures
pour adultes, " à l'image du CAT de la rue Jacquart
qui s'est révélé vite exigu. " L'extension n'était pas
possible sur place ".
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Les effectifs ne cessant d'augmenter, le CAT s'est transporté
définitivement quelques mètres plus bas, rue Châteaubriant en
1983. " A cette époque, nous sommes passés de 70 à 105 ouvriers,
se souvient Jacques Lesourd, directeur du CAT. Aujourd'hui,
les Ateliers du Marais accueillent plus de 130 personnes ".
En moins de vingt ans, le centre a donc doublé sa capacité d'accueil
et par conséquent, la surface des locaux affectés à la production,
avec l'apparition de nouvelles activités tels que Spiraltub, le
cartonnage ou bien encore la cuisine en atelier protégé.
AUTONOMIE ET CRÉATIVITÉ
Aujourd'hui, le CAT de Loudéac géré par l'ADAPEI
des Côtes d'Armor travaille pour différents donneurs d'ordre industriels
: les Salaisons d'Argoat (ex-Olida), Linpack de Noyal-Pontivy
mais aussi le Crédit Mutuel de Bretagne de Brest et la CEVA, une
multinationale spécialisée dans la transformation de produits
vétérinaires qui " occupe " quelques 55 ouvriers.
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| " Il n'y a pas de secret. Le fond de commerce d'un CAT, c'est
le tissu industriel de son canton et plus largement de son département.
Mais celui-ci reste malgré tout fragile, du fait de la désertification
du milieu rural ", souligne Jean-Paul Even, directeur-adjoint.
Pour assurer leur avenir, les Ateliers du Marais sont donc obligés
de se tourner vers de nouveaux marchés, des marchés adaptés à la
capacité de travail des ouvriers. " |
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Le CAT n'est pas tenu à la production mais c'est
la production qui doit s'adapter aux ouvriers, insiste Jacques Lesourd.
Cela se traduit par la recherche de marchés perpétuels " .
Dernier exemple en date : Kaysersberg, une entreprise d'Alsace qui vient
de passer commande auprès des Ateliers du Marais pour le montage de
caisses mixtes servant à l'emballage de portables. Un type de partenariat
qu'il conviendra de renforcer et d'élargir ces prochaines années. Emballage,
assemblage, petits montages et tâches diverses de sous-traitance réalisées
par les employés du CAT doivent suivre les évolutions technologiques.
Néanmoins, le CAT a avant tout pour fonction d'aider les personnes à
trouver leur place dans la société et à acquérir davantage d'autonomie.
C'est pourquoi, chaque travailleur handicapé a besoin d'un encadrement
spécifique et bénéficie d'un accompagnement individualisé. " Au cœur
des ateliers de conditionnement et de sous-traitance, des activités
de soutien sont régulièrement menées, " poursuit Jean-Paul Even.
A Loudéac, certains ouvriers travaillent à mi-temps et apprennent à
développer leur autonomie et leur créativité à travers des activités
professionnelles (hygiène, sécurité dans le travail) et sociales (cuisine,
bricolage, réparation mécanique, code de la route, lecture de la presse...).
LE POTENTIEL DES OUVRIERS EN RÉGRESSION
Pour les Ateliers du Marais comme pour les quatre
autres CAT de l'ADAPEI (Tréguier, Quévert, Plouisy et Saint-Brieuc),
le travail est un moyen privilégié d'insertion sociale, une activité
qui aide la personne handicapée à se forger une personnalité, à devenir
quelqu'un.
" Ici, ce n'est pas la productivité de la personne handicapée qui
justifie sa présence au sein du CAT, c'est son désir d'y être !"
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Au regard du chemin parcouru par le
CAT de Loudéac depuis sa création en 1975, force est de reconnaître
que les choses ont évolué positivement pour les personnes handicapées
mentales même si de nombreux problèmes subsistent encore. A commencer
par les capacités d'accueil qui sont toujours insuffisantes.
De même, les problèmes spécifiques liés au vieillissement ne sont
pas assez pris en compte. |
" Aux Ateliers du Marais, nous sommes bien conscients
que le potentiel des travailleurs régresse, constate Jacques Lesourd.
C'est pourquoi nous nous efforçons d'améliorer les conditions de
travail de notre personnel par la multiplication des places assises
dans les ateliers, l'aménagement de
locaux adaptés ou plus récemment l'achat d'un camion avec cinq bennes
mobiles pour le service horticulture ".
Autant d'exemples qui facilitent l'apprentissage de
la dignité par le travail
Une fonction sociale fondamentale qui n'exclut pas pour autant la productivité
économique.
L.T.
La mission des Ateliers du Marais est envers les travailleurs handicapés
mentaux :
- une mise au travail avec une formation professionnelle adaptée,
- un soutien médical, social et éducatif personnalisé en complément
du travail d'atelier,
- une insertion dans le monde du travail et des stages en entreprise.
Ces stages (rémunérés ou non) ont pour but de permettre aux ouvriers
du CAT de découvrir et d'expérimenter le travail en entreprise afin
qu'ils puissent ensuite se déterminer par rapport à leur avenir socio-professionnel.
Informations.
- Les Ateliers du Marais restent en permanence à la disposition
des entreprises pour étudier toute demande de collaboration et les
considérations seront abordées en fonction de votre contexte professionnel
et de la situation personnelle de l'ouvrier.
Renseignements au 02.96.66.83.20.
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