PAS DE PLACE POUR SOLÈNE A LA RENTRÉE LA FAMILLE PLUNET EN PLEIN DÉSARROI

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Les parents de Solène sont inquiets. A la rentrée prochaine, leur fille trisomique aura 20 ans et risque fort de se retrouver à la porte du CAT de Saint-Brieuc, faute de places. Une situation accablante pour toute la famille Plunet. Témoignage.
 

Cela fait maintenant 14 ans que Solène fréquente les bancs de l'ADAPEI. De la maternelle du Grand Clos aux Ateliers Briochins, la cadette des Plunet a franchi sans encombre toutes les étapes de l'intégration : classe d'éducation précoce et de perfectionnement, institut médico-éducatif, section d'initiation et de première formation professionnelle, centre d'aide par le travail,…

"Même s'il y a encore des barrières à l'expression, l'écriture et la lecture notamment, Solène a énormément évolué, se réjouit sa mère. Elle est aujourd'hui bien épanouie dans la société. Elle s'intéresse à beaucoup de choses. Elle participe aux ateliers d'arts plastiques à l'IME Guy-Corlay, suit des cours de ménage au lycée Marie-Balavenne et de danse à l'Amicale laïque." Une progression sociale qui autorise beaucoup d'espoirs.

DEUX SALAIRES POUR VIVRE "

Ma fille a tout pour réussir son intégration au Centre d'Aide par le Travail de Saint-Brieuc mais voilà qu'on lui refuse son entrée..."

La diminution des places créées dans les CAT de l'ADAPEI bloque, en effet, les sorties des "plus de 20 ans", maintenus en IME au titre de l'amendement Creton, qui devraient être orientées en CAT ou MAS. "En d'autres termes, Solène est renvoyée chez elle. Elle n'a plus le droit de travailler. C'est injuste ! Qu'est-ce-qu'on va faire de notre fille maintenant ? On ne peut pas arrêter sa vie comme ça, à 20 ans..." Pas question non plus d'arrêter son travail pour s'en occuper. "Nous avons besoin de nos deux salaires pour vivre", poursuit Yvon Plunet qui condamne à son tour la réforme hospitalière de 1982 insistant plus particulièrement sur "la réduction des dépenses de santé et le retour à domicile. C'est clair, aujourd'hui, on en fait les frais."

D'AUTRES FAMILLES DANS LA DÉTRESSE

Dans l'expectative depuis plusieurs semaines, Yvon Plunet ne sait plus à quel saint se vouer. Il ne comprend toujours pas d'autant qu'en juin dernier, la Commission Départementale de l'Éducation Spéciale (CDES) avait donné son accord pour que Solène prolonge son séjour en IME d'un an "mais sans argent, l'ADAPEI ne peut l'accueillir, admet-t-il avant de rappeler que l'allocation adulte handicapé (AAH) de plus de 3400 francs par mois constituera demain son seul revenu."

"Actuellement, on se pose beaucoup de questions sur son avenir", angoisse la mère de Solène qui sait aussi qu'elle n'est pas la seule dans ce cas. "Nous connaissons d'autres parents de Trégueux, Saint-Brieuc et Loudéac confrontés au même type de problème. La société ne peut pas laisser des familles entières dans la détresse. Il va falloir de nouveau se mobiliser et s'il le faut, nous irons manifester chaque jour de la semaine devant la Préfecture. Car si Solène est sans solution en septembre, la situation deviendra dramatique pour toute la famille." Madame Plunet n'ose même pas y penser.

L.T.

 
 
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