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Depuis plus de 40 ans, les familles et les associations
qu'elles ont constituées, se battent notamment pour créer des lieux
d'accueil et de vie adaptés aux besoins générés par le handicap mental
de leurs enfants. Les établissements, les services d'accueil ou d'accompagnement...
qui leur sont destinés aujourd'hui, en témoignent. Certes, des places
manquent encore et toujours ! Avec l'espérance de vie des personnes
handicapées mentales qui ne cesse d'augmenter est apparu un problème
nouveau. Pour une personne handicapée légère, l'espérance de vie moyenne
dépasse actuellement les 70 ans. Pour une personne polyhandicapée, elle
tourne autour de 50 ans. Si en 1928, l'espérance de vie d'une personne
trisomique 21 ne dépassait pas 9 ans, elle atteint près de 55 ans de
nos jours.
Il semble qu'il y ait aujourd'hui en France, 60 000 personnes handicapées
mentales de plus de 40 ans. Cette population est loin d'être négligeable,
elle doit être reconnue par tous afin qu'une prise en charge adaptée
soit dispensée à ces personnes handicapées mentales vieillissantes,
chaque jour plus nombreuses. Il n'est plus possible de rechercher des
solutions au jour le jour.
Divers types de solutions ont été trouvés pour les enfants comme pour
les adultes.
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Mais depuis 10 ans, est apparue cette nouvelle
catégorie de personnes que le législateur de 1975 n'avait pas
prévue : les personnes handicapées mentales qui vieillissent.
L'article 1er de la Loi du 30 juin 1975 prévoit, en son premier
alinéa, l'ensemble des aspects de la vie des personnes handicapées
qui doivent être assurés et qui constituent une obligation nationale
(la prévention, la formation, l'orientation professionnelle, l'emploi,
la garantie de ressources, l'intégration sociale, l'accès aux
sports et aux loisirs).
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LE HANDICAP PERSISTE TOUTE LA VIE
Ainsi, l'ensemble des droits des personnes handicapées
est explicitement reconnu, de 0 à 20 ans, puis à compter de 20 ans (allocation,
lieux d'accueil, services d'accompagnement...). En revanche, la situation
de "vieillissement" n'est pas abordée sur le plan législatif.
Ce constat entraîne des difficultés de prise en charge, en particulier
au niveau des organismes financeurs. Ces derniers se basent sur le manque
de textes pour se renvoyer systématiquement en matière de financement
de lieux d'accueil adaptés. Avec l'avancée de l'âge, il semble que la
tentation de faire glisser le statut des personnes handicapées vers
celui des personnes âgées soit de plus en plus forte.
S'il est indéniable que l'avancée en âge génère des situations de handicap
(et c'est alors un handicap qui apparaît en raison de l'âge), il doit
être entendu qu'un handicap, mental de surcroît, ne disparaît pas avec
l'âge. Bien au contraire, l'âge se surajoute au handicap.
Il ne s'agit pas, en l'occurrence, d'opposer deux systèmes, celui des
personnes âgées et celui des personnes handicapées ; mais bien plus
de défendre la spécificité de la situation des personnes handicapées
mentales, qui avancent en âge. C'est le handicap qui persiste toute
la vie et qui crée la spécificité.
Celle-ci a été reconnue pour l'éducation et la formation des jeunes
enfants et adolescents, pour l'activité professionnelle et la vie quotidienne
pour les adultes. Elle se doit d'être aussi reconnue pour les personnes
handicapées vieillissantes. De même, des réponses sans doute différentes
devront être apportées aux personnes handicapées mentales vieillissantes
et aux personnes ayant des difficultés mentales du fait de leur vieillissement.
Extrait du discours de Pascal
Guyomard, trésorier de l'ADAPEI 22, au Congrès de l'UNAPEI à Paris les
3 et 4 juin 2000.
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