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Les
maisons d'accueil sont avant tout des lieux de vie. Au-delà d'une
simple présence et de l'accompagnement de fin de vie, elles visent
en permanence l'adaptabilité aux besoins des résidants, aux
rythmes qui leurs sont propres, à leurs expressions et à la
sollicitation de leurs compétences. Les capacités de réalisation
des personnes ne seront pas modifiées de manière majeure,
tout au plus quelques maîtrises ou élargissements du geste
dans le quotidien seront repérables. C'est davantage dans le registre
de l'expression, de l'ouverture vers autrui que les progrès sont
notables. Stanislaw Tomkiewickz soutenait ce point qu'il faut abandonner
l'idée de l'immuabilité du handicap. Sans parler de guérison,
le résidant peut " bouger " pour peu que l'on s'occupe
correctement de lui, qu'on lui parle vraiment.
Respect de la personne
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L'intégration des deux valeurs
précédentes n'est pas possible sans ce concept général
du respect " sentiment qui porte à traiter quelqu'un
ou quelque chose avec de grands égards, à ne pas porter
atteinte à
". Le respect ne doit pas être
simplement dans le dire, il doit aussi être dans l'agir. Au
travers des actes du quotidien, se mesure le respect de l'autre
: dans le choix des vêtements à porter sur la journée,
dans la manière où est servi le repas, la communication
établie durant ce moment dit de convivialité, dans
le délai de réponse à l'interpellation d'un
résidant, ou l'errance dans laquelle ils sont parfois, ou
la prise des repas à côté d'eux et non avec
eux. Il faut savoir rester humble en maison d'accueil sur les exigences
que l'on pose mais être sûr que le projet est porteur
et source d'épanouissement pour les personnes accueillies.
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En 1984, sans connaissance du polyhandicap,
ni information sur les personnes qui seraient précisément
accueillies hormis leur état de grande dépendance, l'association,
en tant que promotrice du projet, s'est appuyée sur la circulaire
n°62AS pour la détermination des buts de la mission donnée
à la maison d'accueil, en complément du décret n°78-1211
du 26 décembre 1978.
Les obligations de service que les MAS doivent à l'usager, s'articulent
autour d'une surveillance médicale et de soins constants, assurés
par un fonctionnement permanent. S'ajoutent les aides à la vie
courante et les soins d'entretien nécessités par l'état
de dépendance des personnes accueillies ; enfin, elles assurent
des activités de vie sociale, en particulier d'occupation et d'animation,
destinées notamment à préserver et
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L'axe "soins" s'organise
autour de la satisfaction des besoins élémentaires.
Cet axe définit la réponse prioritaire que l'ensemble
de l'équipe propose aux résidants. Il concerne donc
la prise en charge dans les actes du quotidien, la prise en charge
médicale et le suivi physiologique ainsi que les activités
de rééducation prescrites.
L'axe "animation" intervient après la satisfaction
des besoins vitaux. Il appartient aux encadrants des groupes de
vie de proposer des activités afin de mobiliser les résidants
tout au long de la journée. Toutefois, cet axe est très
fluctuant car il s'adapte aux aléas du quotidien.
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Améliorer
les acquis et prévenir les régressions de ces personnes.
Après l'IME, le placement en MAS marque pour les
parents une autre étape de la vie de leur enfant, qui est devenu
adulte. Au cours des années, confrontés au handicap de leur
enfant, ils ont établi avec lui une relation particulière,
empreinte de souffrance devant les difficultés de la prise en charge,
et parfois de surprotection en compensation des déficiences de
ce dernier. Le placement va modifier cette relation, ne serait-ce que
par l'éloignement physique puisque majoritairement, le placement
en MAS entraîne un régime d'internat. Ce passage est souvent
pénible pour au moins deux raisons. Jusqu'à lors, les parents
ont peu été en contact avec des personnes handicapées
mentales adultes (pour rappel, la moyenne d'âge à la MAS
était de 38,04 en avril 2001). Certaines familles ont pu exprimer
dans l'instant mais aussi avec le temps, combien, elles avaient été
submergées par l'émotion, dans cette rencontre. Rencontre
qui leur renvoyait aussi brutalement, la réalité pour leur
" enfant " qui avait grandi comme un autre pour être maintenant
adulte, d'une évolution vers un vieillissement, reflet qui les
touche intérieurement du fait de leur propre vieillissement.
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Les parents, comme beaucoup de non
spécialistes de ces questions associent l'établissement
à la fin de la vie, à la tristesse, à une structure
très médicalisée où il ne se passe "
plus rien ". " c'est difficile, il y a plein d'handicapés
", " après la MAS, on sait qu'il n'y aura rien
d'autre "
La préparation de l'accueil est une phase importante pour
le résidant, et plus encore pour les familles. La réussite
viendra de la franchise de l'exposé par les accueillants
(directeur, directeur-adjoint ou psychologue) sur les possibilités
et les limites de ce nouveau lieu d'accueil. Les parents ont l'habitude
du fonctionnement de l'IME et s'attendent à trouver un modèle
similaire " comme la continuité de l'IME, mais d'un
IME pour adulte ".
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Ils doivent rapidement mesurer l'écart
entre les deux organisations. Mais ils doivent être rassurés
sur le fait qu'il est recherché une continuité de la prise
en charge de leur " jeune adulte ", que le projet individuel
vise à entretenir les acquis antérieurs dans le respect
et l'écoute de la personne.
C'est dans cet aspect de la définition des axes de la prise en
charge, que va s'inscrire la collaboration avec les familles, largement
prévue dans la loi du 2 janvier 2002 d'une part à titre
individuel dans la participation à l'élaboration du projet
pour la personne et la signature du contrat de séjour, d'autre
part, dans une dimension plus collective avec le conseil à la vie
sociale.
Le PVI, Projet de vie individuel, doit être une réponse aux
besoins de la personne handicapée et permettre à l'équipe
pluridisciplinaire une cohérence dans la prise en charge du résidant.
Pour ce faire, les objectifs doivent être réalistes en fonction
des potentialités de la personne, de ses choix quand elle peut
les exprimer, et être dans la faisabilité par rapport aux
moyens dont dispose la MAS : moyens humains (accompagnement individuel
dans une prise en charge collective), financiers, techniques
Le PVI est formalisé lors de la réunion
de synthèse : il n'est pas figé, ce qui suppose des outils
d'évaluation, d'observation et des bilans réguliers afin
de réajuster les objectifs au regard de l'évolution des
résidants, de l'évolution de leur état de santé,
des acquis ou des pertes de capacités.
En MAS, les objectifs peuvent sembler modestes mais ils prennent en compte
la personne dans sa globalité. Ils visent pour cette personne à
une recherche de la qualité et du confort de vie par des actions
de soins, d'animation.
Apprécier la qualité de vie d'un adulte qui n'a pas la capacité
d'énoncer ses ressentis suppose que l'on soit à l'écoute
des divers signes d'expression d'un bien-être ou d'un mal-être,
que l'on échange avec son entourage : équipes pluridisciplinaire,
famille, tuteur
, sur sa singularité, sur son plaisir et sur
sa qualité de vie.
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