IME EN SUREFFECTIFS,
MANQUE DE PLACES EN CAT ET MAS
QUEL AVENIR RÉSERVE-T'ON A NOS ENFANTS ?

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La loi du 30 juin 1975 a fait de l'éducation, de la formation et de l'orientation professionnelle des personnes handicapées mentales, " une obligation nationale.
" La réalité en Côtes d'Armor accuse un sérieux décalage :
IME en sureffectifs,
problème du maintien des plus de 20 ans,
non-financement des personnes orientées en CAT et MAS…
Une situation jugée " très préoccupante " par les sections de l'ADAPEI
qui ont décidé de tirer la sonnette d'alarme.
 


Depuis près de 40 ans, l'ADAPEI des Côtes d'Armor s'efforce de mener à bien ses missions : sensibiliser, motiver et agir pour accompagner les familles dans la reconnaissance et l'acceptation du handicap de leur enfant, pour répondre aux besoins de la personne handicapée mentale par une éducation spécialisée, une formation adaptée et une insertion professionnelle avec un accompagnement à la vie sociale.

L'Association départementale a toujours souhaité affirmer la dignité de la personne handicapée mentale en lui offrant des structures d'accueil en nombre et qualité suffisants.

" Au fil du temps, elle a su trouver des solutions, notamment avec la création des Ateliers protégés (130 places) dans les années 1985, rappelle André Gacel, directeur général de l'ADAPEI.
Avec l'aide du Conseil général, elle a largement contribué à l'ouverture des SATRA (120 places) qui ont permis à certaines personnes de travailler à mi-temps et à d'autres d'être accueillies en foyer occupationnel. " Des Maisons d'accueil spécialisé (MAS) et des foyers de vie ont également vu le jour. " Ils ont permis de libérer des places mais cela s'est avéré très vite insuffisant. Aujourd'hui, nous manquons de structures nouvelles et peu de places sont accordées en CAT. ".

Dans le secteur adulte, les préoccupations sont grandes. La circulaire du 10 août 1999 relative à la mise en œuvre du plan pluriannuel de création de places pour adultes lourdement handicapés révèle que " la demande de placement en établissements spécialisés reste forte et largement insatisfaite. " Force est de reconnaître que depuis deux ans, les effectifs de CAT ont atteint leur pleine capacité et que les listes d'attente s'allongent un peu plus à chaque rentrée. Les places créées dans les CAT de l'ADAPEI ont sérieusement diminué depuis 1996. Une chute qui a pour effet de bloquer les sorties des plus de 20 ans, maintenus en IME au titre de l'amendement Creton, qui devraient être orientés vers les CAT ou les MAS. " On peut déjà affirmer que presque tous n'auront pas une place en 2000 ! déplore Guy Fonteix, président-adjoint de l'ADAPEI qui constate que " le blocage des flux de sorties des CAT pour les personnes vieillissantes réorientées en FDT entraîne leur maintien dans les SATRA ou les FOA. " Autre motif d'inquiétude : les sureffectifs dans tous les Instituts-médico-Éducatifs du département.

A l'ADAPEI, les trois IME dépassent les plafonds autorisés. A Tréguier par exemple, l'IME Ker An Héol prend en charge 87 enfants et adolescents pour un agrément de 54 !

" Nous avons 18 enfants de plus de 20 ans et 14 en attente d'admission ", précise le directeur de l'établissement, Xavier Cottin pour qui, " la situation est devenue vraiment critique. "

Reconnaissant que " de nombreux efforts ont déjà été entrepris par les collectivités territoriales, " et que les écoles et collèges, avec ou sans aides, s'ouvrent davantage aux enfants handicapés, Marie-Hélène Caous, présidente de l'ADAPEI déplore le manque de structures d'accueil, de services nouveaux et d'enseignants spécialisés.
Comme beaucoup, elle attend une réelle volonté politique et une sensibilisation de tous les acteurs du secteur médico-social pour évoluer vers une ouverture plus grande de l'école et
" garantir ainsi un avenir meilleur à nos enfants. "


Loïc TACHON.

 
 
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