LE TRAVAIL PROTÉGÉ EN C.A.T. |
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Depuis près
d'un demi siècle, les parents de personnes handicapées mènent
des actions auprès des pouvoirs publics pour que leurs enfants
bénéficient d'un soutien et d'une prise en charge relevant
de la solidarité nationale. La loi d'orientation de 1975 a reconnu
formellement que le handicap nécessite une compensation. Pour les
personnes handicapées mentales, la compensation spécifique
de leur déficience intellectuelle a un nom : c'est l'accompagnement
et ce dernier ne peut être qu'un accompagnement humain. Au fil du
temps, se sont mis en place les Instituts Médico-Éducatifs,
les Centres d'Aide par le Travail, les Maisons d'Accueil Spécialisé,
les Foyers de Vie, et plus récemment les SESSAD et les Foyers d'Accueil
Médicalisés... En ce qui concerne les adultes handicapés
mentaux, l'idée géniale des parents pionniers a été
de penser, de créer et de faire légaliser par la loi un
instrument propre à assurer par leur accompagnement au travail
la compensation ee la déficience intellectuelle de leurs enfants
handicapés, pour lesquels le travail représente un moyen
de valorisation personnelle et d'intégration dans la cité.
De cette idée est né le concept de Centre d'Aide par le
Travail (C.A.T.).
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Les textes officiels qui s'en sont suivis
précisent que le CAT est un établissement qui s'adresse
aux personnes handicapées qui, en dépit d'une éducation
spécialisée, sont "incapables de trouver dans le secteur
compétitif l'emploi et les conditions de travail adaptés
à leurs possibilités". Cet établissement est
une institution particulière qui a un objectif économique
de production mais absolument non lié aux règles administratives
du commerce et de l'industrie. Sa grande originalité est d'avoir
une double finalité : être d'une part une structure de mise
au travail et être d'autre part une structure médico-sociale
dispensant les soutiens requis par la personne handicapée, et qui
conditionnent pour elle toute activité professionnelle. Les CAT ont pour fonction d'accueillir des personnes présentant une déficience mentale ou physique qui les rend incapables d'obtenir un emploi dans le secteur normal. Il arrive toutefois que certains travailleurs, après apprentissage et adaptation de leur poste de travail, s'intègrent durablement dans des Ateliers Protégés ou dans le monde ordinaire du travail. Mais en réalité le constat est que 98% d'entre eux n'ont pas cette possibilité ou cette capacité, et, pourtant ils travaillent. Ils travaillent au sens économique du terme en participant à une activité productive créant une valeur ajoutée et, à ce titre, ils participent à leur façon à l'accroissement de la richesse nationale. Ils ne sont pas reconnus individuellement employables par les entreprises, mais, leurs CAT, structures collectives, proposent sur le marché des produits et des services d'une qualité équivalente à ceux des entreprises ordinaires, ou sont des sous-traitants placés sur un pied d'égalité avec les entreprises en terme de délais et de conditions. Cela montre, s'il en était besoin, que les CAT sont bien des structures d'insertion professionnelle collective. Les CAT, par leur valet production, sont quotidiennement en prise directe avec le milieu économique, et n'échappent pas de ce faire à la dure concurrence de la mondialisation. Pour réussir, ils doivent gagner leurs contrats et leurs marchés par leur compétence et leur savoir-faire. Ils doivent donc se doter d'équipements performants mais surtout mettre en oeuvre une démarche qualité afin de préserver leur compétitivité et leur crédibilité face à leurs donneurs d'ordre ou leurs acheteurs. C'est ce challenge que l'ADAPEI a décidé de lancer dans le courant du deuxième semestre 2002 et qui suit actuellement son cours à un rythme soutenu. Pour éviter la primauté de la production
sur l'accueil et l'accompagnement des personnes handicapées, la
même démarche qualité va être conduite en ce
qui concerne la qualité des prestations et des services rendus
en interne. Cette dernière démarche ne s'arrêtera
d'ailleurs pas aux seuls CAT ; elle concernera l'ensemble des établissements
et services de l'Association. C'est le prix à payer pour un fonctionnement meilleur de notre institution. Pascal Guyomard, |
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