LES PAPILLONSC BLANCS
PRENNENT LEUR ENVOL

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Hiver 1961 ....
A Saint-Brieuc, un groupe de parents d'enfants trisomiques se lance dans l'aventure et crée l'association des Papillons Blancs pour défendre les familles
accablées par le problème du handicap.
Quarante ans plus tard, l'ADAPEI des Côtes d'Armor emploie 750 personnes et prend en charge 1500 enfants et adultes déficients intellectuels.

 

" Dans la vie, il y a des petits événements qui font les grandes choses. Quand Madame Guibert est venue me voir au parloir de Notre-Dame pour me présenter Catherine, sa fille, j'ai tout de suite senti l'angoisse de cette femme. Ma première démarche aura été de rencontrer ces familles dont les enfants étaient rejetés des administrations... "
Suzanne Duchêne vit une retraite paisible à Saint-Brieuc. Quand elle quitte la capitale, en septembre 1960, pour s'installer dans le chef-lieu des Côtes-du-Nord, la psychologue du centre Montbareil n'imagine pas un seul instant l'aventure qui démarre. " Les premiers parents que j'avais pu rencontrer se sont très vite mobilisés pour trouver des solutions. Mais à l'époque, nous n'étions pas très nombreux. Lors de l'assemblée générale constitutive (le 25 mars 1961), une vingtaine de personnes s'était réunie dans l'une des classes de la caserne des Ursulines au Champ de Mars. "
Suzanne Duchêne creuse alors dans sa mémoire et se rappelle aux bons souvenirs des Laurent, Blanc, Le Masson, Crespin, Briand, " ces parents qui avaient décidé de rompre avec l'isolement. "
Elle n'oublie pas surtout de citer le nom de Guy Corlay, représentant de commerce dans le cartonnage, propulsé président des Papillons Blancs. " Un homme respectueux et disponible, bien décidé à construire et développer l'association. "

UNE SOLIDARITÉ EXTRAORDINAIRE

Première urgence : trouver des locaux. " Sans argent, les démarches n'ont pas été simples. Dans un premier temps, la municipalité de Saint-Brieuc nous a gracieusement prêté un local ", situé avenue de la Croix-Blanche (actuel passage Saint-Guillaume) dans le quartier proche des Grandes Promenades en plein centre-ville. " A l'étage, la pièce était peu adaptée ", témoigne Yvonne Chauveau, psychologue en charge de la garderie. " Trois fois par semaine et uniquement l'après-midi, on y accueillait une douzaine d'enfants venant de Lamballe, Saint-Quay Portrieux, Saint-Brieuc et des environs. L'ouverture de cette garderie à mi-temps avait permis d'établir un premier catalogue des besoins sur la région briochine. Car à l'époque, beaucoup de parents cachaient leurs enfants. Mais peu à peu, ils sont sortis de leur réserve... "
En 1963, l'association des Papillons Blancs tourne une deuxième page de son histoire. Elle s'installe rue Abbé-Garnier dans l'enceinte de la Direction de la Population et de la Santé (future DDASS) qui lui met à disposition une serre et une buanderie qui servait de séchoir à linge à l'Institution des Jeunes Sourds. " Nous avons passé plusieurs week-ends à les remettre en état. Il fallait trouver du mobilier, poser de nouvelles tapisseries... Chacun a mis la main à la pâte. Il y a eu une solidarité extraordinaire des parents qui voulaient faire de cette serre un lieu accueillant pour leurs enfants. " Deux classes y sont ainsi aménagées. Elles reçoivent quelque 25 enfants à temps plein mais très vite, les demandes se multiplient. " L'association se devait donc de chercher de nouvelles solutions, poursuit Suzanne Duchêne. Nous étions intéressés par une maison de la rue Jean-Bart. Elle appartenait à la Caisse d'allocations familiales. Il fallait monter un dossier financier et aller négocier avec l'administration.

La facade de la l'Institut

médico-pédagogique

de la rue Jean-Bart

à Saint-Brieuc

Un certain André Gacel nous a alors rejoint. Il était l'homme de la situation. Grâce à lui, nous avons pu louer ce bâtiment à un prix raisonnable. " Quatre classes sont alors ouvertes. Un service de placement familial spécialisé voit enfin le jour. Nous sommes en 1965. L'aventure ne fait que commencer.

LES PAPILLONS BLANCS DE 1961 A 1965

Journal officiel. Les Papillons Blancs des Côtes-du-Nord, Association Départementale des Amis et Parents d'Enfants Inadaptés (future ADAPEI), ont été officiellement déclarés à la Préfecture le 27 mars 1961 sous le numéro 2046. Son but : contacter les parents, déterminer les cas, tester et éduquer les enfants, les reclasser dans la société.
Siège social. La première adresse des Papillons Blancs fut le bureau de l'Union des associations familiales, caserne des Ursulines, place du Champ de Mars, à Saint-Brieuc.

Repères. 1961 : naissance de l'association " Les Papillons Blancs " à Saint-Brieuc ; 1963 : ouverture d'une garderie à mi-temps au centre-ville ; 1963 : transfert de la classe rue Abbé-Garnier ; 1964 ; accueil de 25 enfants à temps-plein au centre éducatif de la rue Abbé-Garnier ; 1965 : création de l'Institut Médico-Pédagogique (IMP) avant son transfert rue Jean-Bart (55 enfants) en septembre 1966.

Papillons Blancs. En 1961, l'association est baptisée " Papillons Blancs ", nom de la première association de ce type, née à Lyon quelque 10 ans plus tôt.
Guy Corlay. La présidence de l'association départementale avait été confiée à Guy Corlay, représentant de commerce dans le cartonnage. Son travail et celui de son équipe de bénévoles ont été unanimement reconnus par les pouvoirs publics puisque Mademoiselle Dienesch, secrétaire d'Etat à l'Action sociale avait remis au Briochin la croix de Chevalier de l'Ordre national du Mérite le 6 mai 1972, à l'issue de la cérémonie d'inauguration de l'IMP Hillion.
Les maires de Saint-Brieuc, M. Rault et Yves Le Foll ont joué un rôle essentiel à la naissance des Papillons Blancs. " Leur présence et leur soutien nous ont permis de mettre en lumière les problèmes rencontrés par les familles ", rappelle Yvonne Chauveau qui deviendra plus tard Madame Gacel.
Agrément. L'Institut Médico-Pédagogique de la rue Abbé-Garnier a obtenu son agrément en 1965 après aménagement des locaux par les familles. Le directeur de l'établissement était André Gacel.

A suivre prochainement: Les nuits de l'enfance, les kermesses des sections et les opérations brioches

Loïc Tachon

 
 
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