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" Dans la vie, il y a des petits événements
qui font les grandes choses. Quand Madame Guibert est venue me voir
au parloir de Notre-Dame pour me présenter Catherine, sa fille,
j'ai tout de suite senti l'angoisse de cette femme. Ma première
démarche aura été de rencontrer ces familles dont
les enfants étaient rejetés des administrations... "
Suzanne Duchêne vit une retraite paisible à Saint-Brieuc.
Quand elle quitte la capitale, en septembre 1960, pour s'installer dans
le chef-lieu des Côtes-du-Nord, la psychologue du centre Montbareil
n'imagine pas un seul instant l'aventure qui démarre. "
Les premiers parents que j'avais pu rencontrer se sont très vite
mobilisés pour trouver des solutions. Mais à l'époque,
nous n'étions pas très nombreux. Lors de l'assemblée
générale constitutive (le 25 mars 1961), une vingtaine
de personnes s'était réunie dans l'une des classes de
la caserne des Ursulines au Champ de Mars. "
Suzanne Duchêne creuse alors dans sa mémoire et se rappelle
aux bons souvenirs des Laurent, Blanc, Le Masson, Crespin, Briand, "
ces parents qui avaient décidé de rompre avec l'isolement.
"
Elle n'oublie pas surtout de citer le nom de Guy Corlay, représentant
de commerce dans le cartonnage, propulsé président des
Papillons Blancs. " Un homme respectueux et disponible, bien décidé
à construire et développer l'association. "
UNE SOLIDARITÉ EXTRAORDINAIRE
Première urgence : trouver des locaux. " Sans argent, les
démarches n'ont pas été simples. Dans un premier
temps, la municipalité de Saint-Brieuc nous a gracieusement prêté
un local ", situé avenue de la Croix-Blanche (actuel passage
Saint-Guillaume) dans le quartier proche des Grandes Promenades en plein
centre-ville. " A l'étage, la pièce était
peu adaptée ", témoigne Yvonne Chauveau, psychologue
en charge de la garderie. " Trois fois par semaine et uniquement
l'après-midi, on y accueillait une douzaine d'enfants venant
de Lamballe, Saint-Quay Portrieux, Saint-Brieuc et des environs. L'ouverture
de cette garderie à mi-temps avait permis d'établir un
premier catalogue des besoins sur la région briochine. Car à
l'époque, beaucoup de parents cachaient leurs enfants. Mais peu
à peu, ils sont sortis de leur réserve... "
En 1963, l'association des Papillons Blancs tourne une deuxième
page de son histoire. Elle s'installe rue Abbé-Garnier dans l'enceinte
de la Direction de la Population et de la Santé (future DDASS)
qui lui met à disposition une serre et une buanderie qui servait
de séchoir à linge à l'Institution des Jeunes Sourds.
" Nous avons passé plusieurs week-ends à les remettre
en état. Il fallait trouver du mobilier, poser de nouvelles tapisseries...
Chacun a mis la main à la pâte. Il y a eu une solidarité
extraordinaire des parents qui voulaient faire de cette serre un lieu
accueillant pour leurs enfants. " Deux classes y sont ainsi aménagées.
Elles reçoivent quelque 25 enfants à temps plein mais
très vite, les demandes se multiplient. " L'association
se devait donc de chercher de nouvelles solutions, poursuit Suzanne
Duchêne. Nous étions intéressés par une maison
de la rue Jean-Bart. Elle appartenait à la Caisse d'allocations
familiales. Il fallait monter un dossier financier et aller négocier
avec l'administration.
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La facade
de la l'Institut
médico-pédagogique
de la rue
Jean-Bart
à
Saint-Brieuc
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Un certain André Gacel nous a alors rejoint. Il était
l'homme de la situation. Grâce à lui, nous avons pu louer
ce bâtiment à un prix raisonnable. " Quatre classes
sont alors ouvertes. Un service de placement familial spécialisé
voit enfin le jour. Nous sommes en 1965. L'aventure ne fait que commencer.
LES PAPILLONS BLANCS
DE 1961 A 1965
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Journal officiel. Les Papillons Blancs des Côtes-du-Nord,
Association Départementale des Amis et Parents d'Enfants
Inadaptés (future ADAPEI), ont été officiellement
déclarés à la Préfecture le 27 mars
1961 sous le numéro 2046. Son but : contacter les parents,
déterminer les cas, tester et éduquer les enfants,
les reclasser dans la société. |
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Siège social. La première adresse des Papillons
Blancs fut le bureau de l'Union des associations familiales, caserne
des Ursulines, place du Champ de Mars, à Saint-Brieuc. |
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Repères. 1961 : naissance de l'association " Les
Papillons Blancs " à Saint-Brieuc ; 1963 : ouverture
d'une garderie à mi-temps au centre-ville ; 1963 : transfert
de la classe rue Abbé-Garnier ; 1964 ; accueil de 25 enfants
à temps-plein au centre éducatif de la rue Abbé-Garnier
; 1965 : création de l'Institut Médico-Pédagogique
(IMP) avant son transfert rue Jean-Bart (55 enfants) en septembre
1966.
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Papillons Blancs. En 1961, l'association est baptisée "
Papillons Blancs ", nom de la première association de
ce type, née à Lyon quelque 10 ans plus tôt. |
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Guy Corlay. La présidence de l'association départementale
avait été confiée à Guy Corlay, représentant
de commerce dans le cartonnage. Son travail et celui de son équipe
de bénévoles ont été unanimement reconnus
par les pouvoirs publics puisque Mademoiselle Dienesch, secrétaire
d'Etat à l'Action sociale avait remis au Briochin la croix
de Chevalier de l'Ordre national du Mérite le 6 mai 1972,
à l'issue de la cérémonie d'inauguration de
l'IMP Hillion. |
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Les maires de Saint-Brieuc, M. Rault et Yves Le Foll ont joué
un rôle essentiel à la naissance des Papillons Blancs.
" Leur présence et leur soutien nous ont permis de mettre
en lumière les problèmes rencontrés par les
familles ", rappelle Yvonne Chauveau qui deviendra plus tard
Madame Gacel. |
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Agrément. L'Institut Médico-Pédagogique de
la rue Abbé-Garnier a obtenu son agrément en 1965
après aménagement des locaux par les familles. Le
directeur de l'établissement était André Gacel. |
A suivre prochainement: Les nuits de l'enfance, les kermesses des
sections et les opérations brioches
Loïc Tachon
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